
Les philosophes grecs (Démocrite), vers le 4e siècle avant J.C., eurent l’intuition de la divisibilité de la matière jusqu’à un niveau de particules insécables : les atomes. Cette hypothèse releva de la philosophie jusqu’au 19e siècle, mais contenait déjà, à l’état embryonnaire[1], l’idée que les éléments chimiques et les substances associées sont constitutifs de toutes choses, vivantes et inertes, et sont présents à l’état naturel ou issus de la production humaine.
Un peu plus de 25 millions de substances organiques et inorganiques sont répertoriées par le Chemical Abstract Service en 2005 et cet inventaire ne cesse de croître au rythme des découvertes scientifiques et industrielles. Au niveau européen, 100 000 substances[2] environ ont été enregistrées [...], ce qui est bien en deçà du nombre de substances existantes ou en circulation. L’Union Européenne consciente des limites du système actuel met en place, non sans difficultés, le programme REACH d’enregistrement, d’évaluation et d’autorisation des substances chimiques.
Les produits chimiques posent de réelles questions en terme de risques technologiques (Seveso 1976, Bhopal 1984, Toulouse 2001…), de santé publique (pollutions aux dioxines liées aux incinérateurs, à l’ozone des grandes agglomérations, émanations de benzène à partir de certains carburants, traitement des bois d’agencement paysager par l’arséniate de cuivre et le chromate de cuivre (AsCrCu), usage domestique de diverses substances toxiques…) ou de risques professionnels. En France, par exemple, 4 millions de salariés sont exposés à des substances chimiques, dont 1 million à des produits chimiques cancérogènes[3]. Lire la suite →